L'ethnosociologie de l'Ukraine dans le contexte de l'opération militaire

Une compréhension approfondie de l'opération militaire spéciale en Ukraine nécessite une explication préalable : à quoi avons-nous affaire, au sens large du terme ? Les notions de "nation", de "nationalité", de "peuple", d'"ethnos" sont totalement confondues, d'où celles de "Russes", "Ukrainiens", "Petits Russes", etc. Nous devrions d'abord dresser une carte ethno-sociologique et répartir les concepts avec lesquels nous opérons dans l'analyse de ce conflit.
Principales catégories ethno-sociologiques

Opération militaire en Ukraine : Analyse géopolitique

La place de l'Ukraine dans la confrontation géopolitique entre la Terre et la Mer a déjà fait l'objet de nombreux écrits et de descriptions détaillées. Il est d'ailleurs symbolique que le fondateur de la géopolitique, Halford J. Mackinder, ait été le haut commissaire de l'Entente pour l'Ukraine pendant la guerre civile en Russie. Et à cette époque-là, dans le gouvernement blanc de Wrangel, le fondateur de l'eurasisme, le géographe Piotr Savitsky, qui fut le premier, dans le journalisme de langue russe, à mentionner lui-même le terme "géopolitique" et à exposer les points principaux de cette méthodologie, travaillait comme assistant du ministre des Affaires étrangères Peter Struve.

Guerre d’Ukraine : la victoire idéologique des néo-eurasianistes

La Russie a choisi de mener une guerre fratricide et insensée pour stopper net l’extension de l’OTAN. Cette nouvelle phase dans le conflit ukrainien consacre avant tout l’échec des tentatives russes pour négocier une nouvelle architecture de sécurité avec les États-Unis. On peut penser que les Russes ont surestimé la faiblesse des Américains et leur volonté de trouver un compromis avec eux pour accélérer leur pivot vers l’Asie. Les partisans de l’Amérique pourront certes claironner qu’ils avaient vu juste et que la Russie est bien engagée dans une politique de renaissance impériale.

Katechon et Antikeimenos, la bataille géopolitique et spirituelle

Il ne s'agit pas d'une guerre qui a commencé en Ukraine il y a quelques heures, ni d'une vicissitude parmi d'autres vicissitudes entre deux nations qui sont déjà en conflit depuis des années. Nous assistons à un affrontement plus général entre deux visions du monde: d'une part, la vision postmoderne, techno-fluide, de l'empire matériel, de la démocratie importée à coup de bombes, des droits de l'homme et des révolutions de couleur qui se révèlent tyrannie, de big tech et de big pharma, de la destruction des identités et de l'assujettissement des masses aux élites du pouvoir oligarchique, soit le Great Reset ; d'autre part, la vision qui affirme l'autodétermination, la liberté, les identités de chaque peuple, la Tradition, les droits fondés sur l'ontologie, l'indépendance financière et la politique visant le bien commun, le Grand Réveil. Il s'agit d'un affrontement apocalyptique, intrinsèquement eschatologique, et ne pas comprendre la portée métaphysique de cette bataille revient à ignorer le cœur de ce qui est là, devant nous, en train de se passer.

Visite de Raisi à Moscou : le pacte russo-iranien

La visite du président iranien Ibrahim Raisi en Russie se déroule dans des circonstances particulières. La Russie se trouve dans une confrontation sans précédent avec l'Occident, jamais atteinte au cours des dernières décennies. L'Iran se trouve dans une situation similaire depuis la révolution de juillet, qui était strictement dirigée contre la gestion externe du pays par l'Occident.

Nikolaï Danilevsky et l'idée eurasienne

Tout au long de l'histoire de l'humanité, l'idée de structurer de grands continents a fait l'objet de controverses et de débats. Le mot "Continent", ici, ne représente pas la division naturelle et factuelle de la surface terrestre, mais plutôt un objet discursif, qui englobe l'histoire, des modèles spécifiques de société, et entend signifier l'existence d'une civilisation unique. À cet égard, le mot "continent" n'est pas un pur concept géographique, mais plutôt un phénomène méta-géographique.

La condition postmoderne chez Alexandre Douguine

La nécessité de donner une réponse à la décadence de l'Europe impose à toute sorte de contre-culture de passer au crible toutes les possibilités offertes par l'histoire, la géographie et la pensée européennes, afin de façonner de nouvelles idées, de nouvelles solutions ou, comme on dit mieux, une "nouvelle synthèse" des valeurs anciennes. L'objectif est de remettre sur pied à tout prix une civilisation qui a été désintégrée de manière presque irréversible par l'hégémonie politique de la "gauche" cosmopolite corrosive.

Nick Land et la pertinence des "Lumières sombres"

Le philosophe britannique Nick Land, né en 1962, connu comme le père de ce courant philosophique né dans les années 90, au moment de la crise des idéologies, et souvent appelé accélérationnisme, est peu connu en Italie et dans les pays de l'Europe méditerranéenne ; ce n'est que ces deux dernières années que deux de ses œuvres ont été traduites en italien Collasso.

NOOMAKHIA : Guerres de l’Esprit - Sur le magnum opus d'Alexandre Douguine

Noomakhia: Wars of the Mind est le magnum opus en cours de publication du « philosophe le plus dangereux dans le monde », Alexandre Douguine (né en 1962). Devant bientôt entrer dans son 28e et dernier volume en russe, Noomakhia est en train de devenir l’une des contributions les plus ambitieuses et les plus complexes du XXIe siècle pour de nombreux domaines et écoles de pensée.

Leo Strauss critique la "vie nue" dans le libéralisme 2.0

Dans mon dernier article, le rapport de Leo Strauss à la raison et à la religion a été mis en lumière. La deuxième partie traite de sa thèse des "Anciens" et des "Modernes", du déclin du libéralisme et de la manière dont cette thèse peut s'appliquer au concept de "libéralisme 2.0" de Dugin (voir sur ce site: http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2021/10/19/leo-strauss-libe... ).

Crépuscule de l'hégémonie: échec de Biden et scission aux États-Unis

Plus que jamais, la scission des États-Unis en deux parties est évidente aujourd'hui : 
- la civilisation mondialiste (Biden, les apologistes de l'unipolarité, les néocons) et 
- le camp réaliste représentant le peuple (avec Trump). 
Le deuxième pôle aura désormais aussi son propre espace virtuel.
2021 s'est avérée être une année de crises et d'échecs pour Biden :
a) au niveau national

L’avènement du robot (histoire et décision)

J’ai parlé plus ou moins récemment avec Francis Fukuyama à la TV, et nous sommes parvenus à la conclusion que la définition de la démocratie en tant que pouvoir de la majorité est obsolète, vieille et non-fonctionnelle. La nouvelle définition de la démocratie, d’après Fukuyama, est le pouvoir des minorités dirigé contre la majorité. Parce que la majorité peut être populiste – donc, la majorité est dangereuse.

Vers la laocratie !

Dans la sanglante bataille pour l’Ukraine, nous voyons le vrai visage du capital – le big business ukrainien (les oligarques – Porochenko, Kolomoisky, Akhemetov, etc.) mène un génocide contre le Peuple ; les oligarques russes trahissent le peuple en passant un accord criminel avec leurs partenaires de classe ukrainiens. Et tout cela est dans l’intérêt de l’oligarchie mondiale – le système capitaliste mondial, centré aux Etats-Unis.

L'État perd le peuple

Le fossé entre l'État et le peuple, la société, a commencé à être remarqué par beaucoup d'observateurs aujourd'hui. En particulier Surkov, dans un récent article. Il est impossible de ne pas le remarquer. Il n'y a qu'une seule raison à cela: l'État n'a pas d'idéologie et, par conséquent, a réduit tous les problèmes à des solutions purement techniques. L'État s'adresse au peuple par le biais de l'ingénierie politique. Cela conduit inévitablement à l'aliénation. Et cette aliénation ne fait que croître. Surtout si l'on tient compte du fait que les autorités ne semblent pas avoir l'intention de modifier leur position.

Le pouvoir des idées et l'unité russo-biélorusse

En appliquant la doctrine géopolitique de Carl Schmitt, le processus de rapprochement Russie-Biélorussie que nous pouvons observer aujourd'hui, bien qu'à très faible vitesse, est la création d'un "Grand espace" (Großraum) - une alliance volontaire de plusieurs pays s'efforçant d'affirmer collectivement leur souveraineté. L'union des Etats en un seul bloc devient une "idée-puissance" (concept de G. Sorel).

Coomaraswamy et la catastrophe occidentale

Créature instable et périlleuse, l’Occident menace le monde en se menaçant lui-même. Il a tout détruit avec le capital et les bons sentiments qui vont avec. L’impérialisme américain en phase terminale mais hystérique veut exterminer russes, chinois, iraniens et sanctionner ce qui lui résiste. Les Européens (petit cap de l’Asie ou de l’Amérique ?) suivent extatiques ou éteints.  En même temps l’Occident s’autodétruit rageusement à coups d’oligarchie, d’écologie, de féminisme, d’antiracisme et d’humanitarisme ; il contaminera le reste du monde comme toujours.

L'ingénierie politique va ruiner la Russie

L'approche technique de la politique, soit la pensée technologique en politique, a atteint un point critique dans notre politique quotidienne en Russie. Cela a commencé dans les années 90, mais, fait intéressant, parallèlement aux changements fondamentaux qui se sont produits en Russie depuis l'ère Poutine, lorsque pratiquement tout a changé et que le cours libéral-occidental a été remplacé par un cours souverain-patriotique, la politique russe est restée purement technique (ndt: "technomorphe" aurait dit le sociologie allemand Ernst Topitsch). En outre, du chef du département politique de l'AP à la tête, elle est devenue non moins, mais de plus en plus technique/technomorphe.

S'il n'y a pas de guerre demain...

l y a clairement eu une escalade dans les relations américano-russes ces derniers temps. C'est le deuxième épisode depuis le printemps 2021, lorsque le mondialiste Biden, soutenu par les néoconservateurs, était largement censé avoir donné le feu vert à Kiev pour une offensive dans le Donbass. Mais elle s'est limitée à la visite risible de Zelensky dans la zone ATO et aux manœuvres convaincantes des forces armées russes sur le territoire russe. C'était suffisant.

Tatarstan : la dernière démarche séparatiste

Six députés de la Douma du Tatarstan représentant le parti Russie Unie ont voté contre la loi sur le système unifié de l'autorité publique. L'élément principal de cette loi est qu'elle interdit aux chefs des entités régionales d'être appelés "présidents" et accorde au président russe le droit de les démettre de leurs fonctions. Le Tatarstan est actuellement la seule entité constitutive de la Fédération de Russie où le chef de l'État est encore appelé "le président".

Un monde tripolaire : nouveaux horizons et Logos intemporels

Un monde tripolaire s'est en fait construit sous nos yeux. Il n'importe plus de savoir quelle force politique prévaut en Amérique, les mondialistes (comme Biden aujourd'hui) ou les nationalistes (comme Trump hier). L'échec du maintien de l'hégémonie mondiale américaine ne dépend plus de l'orientation de l'élite dirigeante américaine. Les néocons et les ultra-libéraux de Biden vudraient revenir au modèle unipolaire qui prévalait dans les années 1990 après l'effondrement de l'URSS, mais ils ne le peuvent tout simplement plus. La Chine et la Russie, à partir d'un certain moment, sont devenues des entités géopolitiques et civilisationnelles si manifestement souveraines qu'il n'est plus possible de le nier.

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